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Olivier Cousi, nouveau bâtonnier de Paris : interview exclusive

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Olivier Cousi, 221ème bâtonnier de Paris, a répondu en exclusivité aux questions du Monde du Droit alors qu'il vient de prendre ses fonctions à la tête du premier barreau de France. Dans cet entretien, il revient notamment sur les priorités de son mandat, les premières mesures qui seront prises et évoque la grève des avocats contre la réforme des retraites.

Priorités

« Avec Nathalie Roret, vice-bâtonnière, nous avons l'objectif que cette profession soit mieux considérée, mieux perçue, par le public, par les citoyens, et aussi plus crédible vis-à-vis des interlocuteurs que sont les clients, les pouvoirs publics. Cette crédibilité, elle passe par la formation, la formation continue. Elle passe par la capacité à nous organiser, à structurer des cabinets, à entreprendre. Donc tout ce qui va tourner autour de la mise en place de l'installation du succès des cabinets, des avocats au sens large, que ce soient des petites ou des grandes structures, nous allons essayer de les aider. La question de la collaboration libérale est aussi un sujet qui nous préoccupe. Il y a un équilibre à trouver entre les besoins des cabinets et l'activité des collaborateurs. Nous allons réfléchir à la mise en place d'une protection du statut de collaborateur par une assurance perte de collaboration, par des bonnes pratiques à échanger, parce qu'il est important que les cabinets évoluent aussi en fonction de la capacité des collaborateurs à contribuer, à participer, éventuellement à participer aux bénéfices, à l'intéressement. Donc réfléchir sur l'évolution ce statut de collaborateur pour donner aux jeunes cette confiance et cette capacité d'intégrer ou de rester dans les cabinets.»

Premières mesures

« Les premiers mesures, cela va être dès mars 2020 l'installation à la maison des avocats. Donc l'Ordre va s'installer à côté du tribunal. On va enfin avoir un lieu pour les confrères qui viennent au tribunal à la porte de Clichy pour travailler, pour se rencontrer, pour rencontrer les services de l'Ordre. (..) Cette installation va être une opération importante que nous espérons réussie dans des très beaux locaux Ensuite, nous avons l'ambition de mettre à niveau une partie des confrères qui à Paris ne sont pas aujourd'hui suffisamment connectés. La demande de droit intervient en ligne : les clients, les particuliers posent des questions sur internet. Et la réponse qui leur est fournie provient souvent de structures d'entreprises qui ne sont pas des avocats. Il faut que les avocats prennent plus de place, soient plus présents. Cela veut dire qu'ils soient aussi capables d'utiliser des réseaux, utiliser des outils. On va lancer un grand plan de mise à niveau numérique pour les confrères du barreau de Paris. Puis on a l'ambition de donner au barreau de Paris une capacité d'observateur, une capacité de force de propositions, sur des questions éthiques, sur des questions d'égalité. On va créer un observatoire de l’égalité parce que notre profession doit être aussi exemplaire pour donner un exemple sur la manière dont l'égalité dans les cabinets peut fonctionner. On sait que la majorité des confrères sont en fait des consœurs qui sont jeunes. Et donc c'est la place qui doit être donnée aux jeunes dans nos structures, la place que les jeunes doivent prendre eux-mêmes. Tous ces aspects sont des aspects sur lequel on va concentrer nos efforts. Enfin, l'Ordre doit être un partenaire des avocats. On va proposer une sorte de pacte avec les avocats. L'Ordre va travailler avec les avocats pour les avocats, offrir des services, mais nous avons besoin pour cela aussi que les avocats nous disent ce dont ils ont besoin, quels sont les services qu'ils attendent de l'Ordre. On va créer un échange pour que l'Ordre puisse s'adapter le mieux aux demandes des avocats.»

Réforme des retraites

« Bâtonnier de Paris, je n'ai pas d'opinion politique à exprimer sur la logique de la réforme. Ce qui m'intéresse, c'est l'impact sur d'autres systèmes de retraite. Et aujourd'hui, notre système de retraite est un système autonome bien géré par la CNBF, et qui d'après ce que l'on comprend du projet actuel va subir un choc énorme qui va se répercuter sur les avocats. Donc l'inquiétude des confrères s'exprime par la grève que nous sommes en train de mener avec le CNB. Cette grève a pour but de montrer que le système qui nous est proposé n'est pas clair, et qu'il est pénalisant pour les cabinets d'avocats. Aucune entreprise d'aucune sorte ne peut brutalement augmenter ses charges sans avoir des répercussions sur son activité. Donc il y a une inquiétude à court, à moyen terme. On attend de cette discussion de comprendre mieux quelles sont les conséquences sur notre régime, qui est un régime qui pour l'instant fonctionne très bien

Futurs avocats et jeunes avocats

« Les jeunes avocats sont là. On les accueille à bras ouverts. Il faut qu'ils prennent leur place. C'est un métier d'entreprise libérale. Il faut plus que les jeunes avocats comprennent qu'il y à des marchés à conquérir, il y a des domaines d'activités dans lesquels nous ne sommes pas suffisamment présents. Il y à des organisations à mettre en place. Il y a  des services à proposer, en ligne ou ailleurs. Donc il y a une force de propositions qui doit venir des jeunes avocats. Et l'Ordre dans la mesure du possible les aidera à s'accomplir dans cette activité.»

Fil conducteur du bâtonnat

« J'ai résumé lors du discours de passation du bâton : tradition et modernité. Tradition parce que nous sommes une profession ancienne, une profession symbolique, une profession importante dans le lien social. Nous avons un rôle important pour l'accès au droit, pour la défense. Nous avons  un rôle important pour l'État de droit. Mais, cette tradition,  ce rôle traditionnel,  ne peut être efficace aujourd'hui qu'en l'utilisant les moyens modernes qui sont les moyens mis à notre disposition, les moyens de la communication, et l'imagination qui doit être portée par l'ensemble des confrères.»

Arnaud Dumourier (@adumourier)